Archives de Catégorie: Polar Noir

1980

Changement de ton dans ce troisième opus du Red Ridding Quartet. Un rythme plus posé et un seul personnage: Peter Hunter, directeur adjoint de la police de Manchester, chargé d’enquêter sur les procédures utilisée par la police du West-Yorkshire, procédures qui n’ont toujours pas permis l’arrestation de l’Eventreur du Yorkshire.

Un flic qui enquête sur d’autres flics… Au royaume des pourris y aurait-il un Saint? Un Saint Con plutôt, dixit l’auteur…

Bref, des pans du voile se lèvent. Des références aux années 1974 et 1977 parsèment le récit. Un personnage clé y refait son apparition. Par le biais de rapports d’enquête, on suit la chronologie macabre des six années précédentes. Toutefois, qu’on ne s’y trompe pas: David Peace est quelque part un imposteur: ses polars ressemblent à s’y méprendre à des films d’horreur où la qualité de la trame est sous-traité en faveurs de l’atmosphère qu’il nous a brillamment concocté, en tout cas c’est ce qu’il ressort de l’épreuve de ce livre. A moins que la conclusion (attendue avec le dernier volet:1983) soit le théâtre d’un spectaculaire retournement de situation, on pourrait penser jusqu’ici que beaucoup d’éléments restent dans l’ombre, pour la plus grande frustration du lecteur.



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1977

Deuxième opus du Red Ridding Quartet de David Peace. Une suite magistrale même si les pistes se brouillent de plus en plus. Le ton est à nouveau proche du désespoir. Les protagonistes vivent un cauchemar permanent et vont s’enliser jusqu’au cou dans ce qui pourrait bien être leur dernière « affaire ».

Les points d’interogations qui avait clôturés « 1974 » restent en suspens mais l’auteur y fait référence, comme pour rassurer le lecteur et lui dire que le temps viendra pour déchirer le voile, ce voile teinté de sang et de larmes qui recouvre l’univers glauque de Leeds.

 Pas de répit pour Jack Withhead et Mike Frazer, tout deux personnages secondaires du premier opus et cette fois-ci au premier plan, unis par une même traque, celle de l’Eventreur du Yorkshire. Jack le journaliste, ancienne gloire de la presse locale, hanté par des fantômes et rongé par l’alcool, et Frazer le flic, tourmenté à l’idée que l’Eventreur pourait s’en prendre à la jeune prostitué qu’il protège et dont l’affection qu’il lui porte s’est muée en obsession.

Jack et Mike, unis aussi par leur passé car tout deux ont connu Eddie Dunford,  ce journaliste perturbé et personnage central de « 1974 » qui illustra bien le dicton « Curiosity killed the cat ». Enfin, on l’espère, car dans le Yorkshire il est des choses pires que la mort…

David Peace pauffine son style. Les formules saccadées et le style agressif de sa plume rende l’atmosphère du livre lourde à souhait et illustrent à merveille jusqu’à quel point l’Homme est maître dans l’art de faire mal, dans l’art de SE faire mal…

1974

 

David Peace est un auteur qui porte très mal son nom…L’histoire qu’il nous conte est en effet totalement dépourvue d’un tant soit peu de tout ce qui pourait ressembler à de la paix (ah si! Il y est beaucoup question des « gardiens de la Paix »…)

« 1974 » est un récit pour le moins très noir qui s’ancre dans la ville de Leeds, dans le Yorkshire, en 1974 (on s’en serait douté…). On reconnait tout de suite l’influence de James Ellroy, tant dans le style de l’auteur que dans la manière dont sont présentés les protagonistes (c’est à dire rarement sous leur meilleurs aspects…),  transposée au Royaume-Unis des 70’s.

L’histoire est haletante, le rythme est puissant et l’intrigue tient en haleine dans un long crescendo vers l’horreur pure. Si Ellroy a pris bien plus de soin dans sa documentation des époques dont il retrace certains contours, Peace en revanche mise tout sur l’ambiance et l’atmosphère glauque à souhait.

On reste sur sa faim lorsque se termine ce volume de 400 pages. En effet, les déductions et conclusions du journaliste de presse local, (anti) héros de l’histoire, sont parfois légères et  ne servent de prétextes qu’a mettre en place une ambiance de polar noir. Les motivations des personnages ne sont pas suffisament approfondies. En fait, il manque une dimension psychologique certaine a ce récit qui aurait pu devenir le chef d’oeuvre du polar noir moderne.

On se rassure en pensant que ce volume est le premier d’une tétralogie (après 1974 s’ajoutent 1977, 1980 et 1983) où paraît-il l’auteur s’améliore et se surpasse, tant dans le travail littéraire que dans l’Horreur Humaine qu’il met a nu.