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Archive for the ‘science-fiction’ Category

Strange Fiction

L’exploration des mondes parallèles, des dimensions cachées, du cyberspace ou des contrées oniriques fait depuis bien longtemps partie du menu que nous propose la littérature fantastique. On retrouve ce type d‘expérience littéraire sous les termes génériques de « science-fiction » et d’«  Heroic-Fantasy » et chacun d’entre eux se décline en une série impressionnante de sous-genres (hard science, sword and sorcery, cyberpunk, space opera, steampunk, etc). Pourtant, rares sont les auteurs qui ont accepté de plein gré cet étiquetage réducteur qui a toujours eu des visées plus mercantiles que le soucis réel de définir un genre.

Récemment, un jeune auteur écossais, Hal Duncan, a utilisé le terme de « Strange Fiction ». C’est tellement simple, tout en étant suffisamment vague qu’on se demande pourquoi nul n’y avait songé plus tôt. Cette appellation a également l’avantage d’englober dans son giron et de faire figurer côte à côte des auteurs comme Maupassant, Joyce, Kafka, Borges, Cortazar et Garcia Marquez avec par exemple Philip K Dick, William Gibson, Haruki  Murakami, Jeff Noon, Hal Duncan et pourquoi pas ….. la Bible!

Bien sûr, la notion d’étrangeté serait à définir mais le plus important est que cette pirouette syntaxique de Duncan permet de réhabiliter des œuvres considérées jusque là comme secondaire.

Le lecteur  ne se rend peut-être pas compte de l’importance de cet étiquetage pour la diffusion des œuvres. Pourtant, ce vocabulaire qui classe, range et catégorise à tour de bras conditionne bel et bien notre représentation d’un auteur et son analyse. Ayant classé cette article sous l’onglet “Science Fiction”, je n’échappe pas à la règle.

On sait depuis Einstein que les résultats de toutes recherches scientifiques  sont conditionnés par ce que veut trouver le chercheur. La grande part de subjectivité de l’analyste n’est plus à mettre en doute. Des balises comme ” heroic fantasy” ou  ”cyberpunk” vont conditionner le critique sur non seulement ce qu’il pense qu’il va trouver dans le livre mais aussi sur sa manière de l’analyser.

Alors le Nobel de littérature pour Franck Herbert et le Goncourt pour Jodorowsky, est-ce possible ?

Peut-être dans une autre dimension…

Micronautes

Entre 1976 et 1981 l’on pouvait voir sur les étalages des magasins de jouets une série particulièrement attrayante au nom évocateur de “Micronautes”. Je vous passe le volet nostalgique que je peux ressentir à la vue de ces jouets pour plûtot aborder un sujet qui me tient à coeur et qui dans une certaine mesure est lié à cette gamme de produit. J’ai nommé: l’inspiration d’une narration intérieure.

En effet, les “micronautes”, ces personnages de science-fiction, étaient sans histoire, sans passé, bref, sans contexte. Il ne restait au gamin de 6 ans que j’étais que de m’inventer leur saga en m’inspirant du design de la gamme, du nom des personnages mais surtout de ces petites phrases qui agrémentaient les emballages et qui constituaient pour moi les seuls indices “archéologiques” de l’existence du “Microvers”.

 C’est comme ça que débuta peut être ma première tentative de narration continue, en me contant les histoires à moi-même de ces personnages aux noms accrocheurs tel le Time Traveller, le robot Biotron, l’immaculé Force Commander ou encore du Pharoid muni de son sarcophage temporel.

Il est intéressant de remarquer comment le choix des mots va orienter le scénario. Quand il était question de slogan tel “Micropolis, the building set that never stops growing “mes histoires se contentaient de faire voguer des voyageurs temporels dans leurs véhicules étranges, tels le “Rhodium Orbiter” ou le “Neon Orbiter”, jusqu’aux confins de la galaxie. Mes micronautes échangeaient leur cerveau détachable comme on partagerait un pique-nique entre amis.  Je m’inspirais des noms évocateurs tels la ”Stratastation”, ” l’Astrostation” ou encore la “Microrail City” pour bâtir des scénarios de science-fiction enfantine.

Et puis les mots sur les boîtiers régressèrent. Il était désormais question de “Battle Cruiser”, de “Satellite Survey Station” et de “Galactic Warrior”.

Le poids des mots…

 Les personnages quant à eux s’équipèrent de missiles, d’épées et de rayon laser.

…le choc des photos.

L’orientation de mes scénario devint binaire et il ne fut question que d’explosions, de guerres stellaires et de destructions massives.

Plus tard, l’éditeur “Marvel” publia un comics s’inspirant de ces jouets. Un comics ou la guerre était à l’honneur…

Miles Teves

La première fois que j’ai vu un dessin de Miles Teves c’était lors de la sortie de la deuxième édition du jeu de rôle “Skyrealms of Jorune”, au milieu des années 80′. A l’époque, j’avais 12 ans, je ne maîtrisais absolument pas l’anglais et c’est avec frustration que je retournais cette boîte épaisse dans tous les sens, subjugué par la beauté de sa couverture. Le style du dessin était étrange et paraissait plonger ses racines dans notre passé pictural. Je pensais vraiment être face à un tableau d’un maître flamand  du 15 ème siècle mais avec une sorte de décalage comme lorsque vous vous trouvez face à quelque chose que vous avez souvent observé mais qui pourtant “paraît différent”.

 Les dessins de Miles Teves illustraient parfaitement le monde de Jorune, cette planète composée d’un amas d’îles flottantes (les “Skyrealms”) et conquise par plusieurs vagues de colons extra-terrestres dont les derniers en date furent les Terriens. La particularité de cet univers est qu’il mettait en scène une pléthore de peuples et de créatures tous plus étranges les uns que les autres, dans un environnement totalement exotique: celui d’une planète qu’il reste à explorer et où tout est à découvrir, à commencer par les “Autres”. L’ambiance des dessins était composée par un mélange de Space Opéra matinée  de détails esthétiques faisant réference à l’Antiquité, et plus précisement aux récits bibliques.

  A part son travail remarquable sur “Jorune”,  cet artiste talentueux a effectué des créations considérables dans l’illustration, la sculpture et les effets spéciaux cinématographiques (on lui doit quelques visages de créatures célèbres, notamment celui de Greedo, le chasseur de prime occis par Han Solo dans “Star Wars”).

Le jeu “Skyrealms of Jorune” est aujourd’hui épuisé mais si il survit encore sur le Net, c’est certainement grâce au travail de Miles Teves qui avec son coup de pinceau lui aura  donné une âme des plus originale .

Le congrès de futurologie.

Ce petit roman d’anticipation de 150 pages mériterait d’être lu simplement pour ces 30 dernières pages. Stanislas Lem nous racconte comment un futurologue au seuil de la mort est congelé durant plus de 60 ans. A son réveil, guérit, il découvre un monde insoupçonné, où la psychochimie règne sans partage et procure aux citoyens le moindre de leur désir sous forme de pillule. Peu à peu, notre protagoniste va découvrir la face cachée de cette civilisation sans armes, sans peur …et sans lendemain.

Cette (anti) utopie est à mettre en parallèle avec bien entendu 1984 de Orwell, le meilleur des mondes de Huxley, Farenheit 451 de Ray Bradburry et, moins connu peut être, l’oiseau d’amérique de Walter Tévis.

A la différence toutefois qu’ici, la priorité est à l’humour et ce malgré les questions essentielle, que soulève Stanislas Lem.