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Archive for the ‘médias étranges’ Category

Un livre dont VOUS êtes le héros.

la cite des voleursVingt-cinq ans après le boom des “Livres dont VOUS êtes le héros”, ces livres-jeu qui défrayèrent la chronique dans les années 80, les récits intéractifs sont de retour.  Cette fois-ci, c’est sur internet que cela se passe, notamment  sur les sites de  SVH et de Xhoromag, qui comprennent pas moins de 145 aventures écrites par des  amateurs (ADVELH en abrégé) grâce à un petit programme fourni sur le site et très simple à utiliser. Un forum spécialisé (Rendez-vous au 1) constitue la pierre angulaire francophone du renouveau de ce type de texte. On y trouve des critiques, des projets collectifs et bien sûr le fameux concours “Yaztromo” qui départage les meilleures ADVELH écrites durant l’année. Bref, pour rendre le genre plus littéraire, quoi de mieux que de le jeter en pâture aux internautes. Dans le lot, il y aura bien quelque chose qui sortira de plus intéressant que la triade “Chevaliers-Magicien-Dragon” qui a fait le succès passé de ces livres.

Pour ma part, j’ai testé le programme en écrivant une ADVELH assez courte et somme toute très banale (Chevalier-magicien-dragon? Oui, vous avez deviné… ) que vous pouvez tester en vous rendant de ce pas sur les terres de Chennara et tenter d’ y déjouer….Le Complot des Princes!

Brève histoire des technologies de l’information et de la communication.

Lorsque nous parlons aujourd’hui des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), il est semaphoreessentiellement question du rapprochement entre les télécommunications (téléphone, radio, télévision) et l’informatique. C’est cette jonction qui a donné naissance au World Wide Web, c’est-à-dire au réseau internet que l’on pourrait qualifier de TIC la plus performante dans le sens ou elle réunit tous les supports multimédias en les mettant en réseaux. Comment en est-on arrivé là ?

Les technologies de l’information et de la communication, même si on ne les a pas toujours appelées ainsi, ont une très longue histoire derrière elles. Il semblerait logique, en guise de préambule, de commencer par l’invention de l’écriture en Mésopotamie, 3300 ans avant JC qui s’est développée concrètement au moyen d’argile humide et de roseaux taillés ou encore d’aborder la xylographie, ou gravure sur bois, qui était pratiquée avant l’invention de l’imprimerie. Toutefois, devant la masse d’informations que nécessiterait une telle énumération de techniques et de découvertes, allant de l’alphabet à l’invention du papier, nous nous contenterons d’évoquer les principales étapes qui ont marqué cette histoire.

En faisant un bond dans l’espace et le temps, nous arrivons en Europe en 1468 avec l’invention de Guttenberg, c’est-à-dire la typographie et la presse à imprimer, qui a permis largement à la diffusion d’informations.

En 1793, Claude Chappe met en place un système de communication optique et mécanique appelé « sémaphore ». Conçu sous forme de tourelles de pierre se transmettant des signaux à l’aide de bras mécaniques, ce système est le premier réseau de télécommunications d’envergure nationale composé en 1844 de 534 tours. Il faudra attendre 1832 pour voir apparaître le télégraphe électrique.

En 1801, Joseph-Marie Jacquard invente un métier à tisser automatisé dit « métier Jacquard » qui fonctionne grâce à un système de cartes perforées. Cette invention marque l’avènement de l’automatisation qui préfigure la mécanographie, c’est-à-dire l’ensemble des techniques mécaniques qui permettent le traitement, le calcul et la publication d’informations. L’ancêtre de l’ordinateur en quelque sorte.

vieuxtelephoneAlexander Graham Bell invente le téléphone en 1876. En 1877 Thomas Edisson invente le phonographe. Les sons peuvent désormais être enregistrés et retransmis. En 1895, grâce aux frères lumière, c’est au tour des images en mouvement à être immortalisé par l’invention du projecteur de film.

Ensuite, l’histoire s’accélère et une série de découvertes scientifiques vont se compléter pour donner naissance à des technologies de la communication de plus en plus performante qui réduisent à chaque fois la distance entre les hommes. En 1920 les premières émissions de radios commerciales sont diffusées. En 1935 c’est au tour de la machine à écrire électrique d’être commercialisée. En 1933 Londres retransmet les premières émissions télévisées. En 1943, grâce à Alan Thuring le premier ordinateur, à l’origine conçu pour percer les codes allemands durant la seconde guerre mondiale, voit le jour. Von Neumann va développer le concept de mémoire pour l’ordinateur en 1948. En 1969, Le département de défense des Etats-Unis d’Amérique crée le réseau Arpanet et permet à deux ordinateurs de communiquer à distance. Il s’agit de l’ancêtre d’internet. Le premier E-Mail est envoyé en 1972 par Ray Thomlinson. L’ordinateur individuel, le PC (personal computer) est présenté en 1974. Le magnétoscope est disponible pour les ménages dès 1975. En 1981, le réseau postal français met en place le minitel, connectant ainsi des milliers d’individus entre eux. C’est l’avènement de la vente par correspondance électronique ainsi que des sites de rencontres.

Les années 90 marquent l’avènement de l’internet et du World Wide Web, deux systèmes complémentaires qui sont souvent confondus. C’est la convergence des technologies de l’audiovisuel, des télécommunications et de l’informatique qui a permis cette révolution. Un exemple concret d’application? Voyez ce médecin américain qui a opéré depuis New York un patient hospitalisé à Paris grâce à un robot chirurgical connecté sur le réseau Internet. Pour l’anecdote, en 2008, l’archipel Tristan da Cunha, perdu au milieu du Pacifique, a été relié par satellite avec un centre médical d’urgence situé aux Etats-Unis. Cette particularité lui, permet, malgré la distance et l’isolement, de permettre l’acces aux soins de santé à tout ses habitants.

L’internet est en fait l’appellation du réseau informatique qui relie des millions d’ordinateurs et leur permet de communiquer entre eux grâce à un système universel de transmission de données appelé le protocole TCP/IP. Ce réseau, qu’on appelle « La Toile » ou « Web » en anglais a de nombreuses applications. La plus connue étant le World Wide Web, qui représente la partie la plus visible de l’internet puisqu’elle permet la visualisation de milliards de pages reliées entre elles par des liens hypertextes. La grande majorité des états, des entreprises, des associations ont leur page sur la Toile. Pour parler du réseau et de toutes ses applications, on parle désormais d’ « Internet », avec une majuscule. 1310521242_60aa1404ab

La logique d’émission de la plupart des médias fait place avec Internet à une logique d’interactivité. C’est « l’apparition du média personnel par opposition au média de masse ».

Depuis 2004, on parle du Web 2.0, c’est-à-dire depuis l’apparition de nouvelles applications sur l’internet qui vont contribuer à modifier nos sociétés en profondeur. A présent, de plus en plus d’internautes, grâce à la généralisation des Blogs et des Wiki vont contribuer à l’élaboration de la Toile, renforçant l’interactivité de celle-ci. Les Blogs sont des pages personnelles que tout particulier peut mettre en place sans connaissances approfondies de l’informatique. Les Blogs constituent une masse d’informations libres constituées de textes et de médias audiovisuels qui peuvent être consultés mais également commentés . Les Blogs sont reliés entre eux par ce qu’on appelle des « rétro-liens » et cet ensemble constitue la Blogosphère, un espace virtuel gigantesque où l’interactivité est la règle. Toutefois, les Blogs ne peuvent être modifiés que par les personnes autorisées. En 2007, on dénombrait 100 millions de Blogs sur la Toile. Les Wiki quant à eux ont poussé la logique de l’interaction encore plus loin puisque si à l’instar des Blogs le contenu est librement consultable et permet les commentaires, il peut en outre être modifié par n’importe qui. L’exemple de l’encyclopédie électronique « Wikipédia » en est la plus célèbre illustration. Internet participe dès lors à la démocratisation de l’information. La communication se fait désormais par entrées multiples. Consulter la presse sur internet dépasse la simple lecture d’une dépêche. Ce sont de véritables forums de discussion accessible à tous qui s’organisent autour de chaque nouvelles.

De plus, des applications comme le flux RSS (Rich Site Summary), c’est-à-dire un système d’alerte qui va prévenir l’internaute lorsqu’une nouvelle est jugée intéressante selon des critères prédéfinis, facilite le voyage à travers des milliards de pages et augmente la performance de l’outil virtuel. On parle dès lors de média intelligent.telepathie

La somme de ces applications a permis la constitution de multiples réseautages sociaux en facilitant le rapprochement de personnes ayant des convergences d’idées ou de buts. Ce réseautage social, communément appelé « Folksonomie» est présent partout sur la Toile. Ces sites, véritables cartes d’identité, dépassent l’individu isolé en mettant en avant son réseau social. Le principe est de s’entourer de ses amis, virtuels ou non, et d’échanger avec eux en toute transparence sous le regard de millions d’internautes. Ce système est directement issu de toutes les applications précédentes. Des sites internet comme Facebook ont des implications directes dans la stratégie de vente de certaines entreprises, servent d’outil pour les chasseurs de têtes en quête de profils spécifiques ou interviennent même dans l’organisation de rassemblement civils, comme par exemple la manifestation à Bogota de février 2008 et qui a rassemblé plus de 3 millions de personnes dans tous le pays.

On le constate, “Matrix” n’est plus si loin. Toutefois ces merveilles technologiques n’ont pas su empêcher la collision en ce début du mois de février 2009 entre deux sous-marins nucléaires des plus sophistiqués qui soient. Un problème de communication parait-il…

Sciences et Vies…

8 décembre 2008 flagelleurmental 2 commentaires

savant-fou

La théorie du progrès c’est de finalement justifier le pire du passé pour le meilleur du futur…en niant le présent, trop subtil pour être pris en compte peut-être.

Ainsi, la propension des gouvernements à partir en guerre encourage  le financement de recherches pour concevoir de meilleurs armements, des moyens de transport plus performant, des technologies de la communication plus efficaces et bien sûr, blessures de guerre obligent, de nouvelles techniques chirurgicales. Ce sont bien souvent les ministères des défenses nationales qui octroient la plus large part de capitaux à la recherche scientifique.

Selon ce principe, l’évolution du savoir, des connaissances et des techniques est proportionnelle au nombre de guerres et à leurs durées. Le champ de bataille serait donc vu comme un gigantesque laboratoire où les grands Esprits de notre temps peuvent mettre leur imagination à contribution.

La guerre comme instrument de management scientifique en quelque sorte…

Salaud malgré vous….

Ca n’intéresse probablement personne mais un thème m’a toujours préoccupé: il s’agit de l’idéologie véhiculée, insidieusement ou non, consciemment ou  non, dans la littérature destinée aux plus jeunes.

Je pense évidemment à cette collection « le livre dont vous êtes le héros » puisque c’est elle qui dès l’âge de 10 ans m’a amené à découvrir la lecture.

Si on regarde les quelques 160 titres parus en français entre 1983 et 1995, on constate un dénominateur commun passablement nauséabond : l’apologie de la violence et de la morale guerrière.

Ce qui saute aux yeux dès l’ouverture de la plupart de ces volumes, c’est bien entendu la focalisation sur le « combat », pour une  « bonne » cause bien entendu.

Je ne vais pas me faire plus catholique que le pape et mon propos n’est pas de pourfendre les allusions à la violence qui parsèment les médias destinés aux plus jeunes. Le monde EST violent, et occulter ce constat par des créations littéraires au parfum d’eau de rose serait digne de la plus abjecte propagande.

Mon attention se porte plutôt sur la manière dont cette violence s’articule au sein de ces « livres dont vous êtes le héros », la façon dont elle est présentée, banalisée et justifiée.

Penchons nous sur les titres phares, ceux de la première époque, que nous devons à Steve Jackson et à Ian Livingstone: c’est peut être ceux qui sont le moins sous le feu de mes projecteurs critiques. En effet, l’histoire passe totalement au second plan et n’offre aucun souci de réalisme. Ce n’est qu’une succession de couloirs, de portes, de monstres (à tuer bien entendu) et de trésor à piller.

Au moins, les choses sont claires! Loin d’être intelligent, éducatif dans la mesure où ils ouvrirent une porte (encore une) vers la littérature, ces ouvrages sont plutôt d’innocents « jeux », et bons marchés de surcroit. Certes, la violence est présente mais les ennemis sont tellement désincarnés, dépourvus de toutes profondeurs et d’humanité (gobelin, troll et autre dragon issus tout droit du giron de Tolkien), que finalement ils  constituent un exutoire idéal à la violence juvénile.

Toutefois, au fil du temps, les séries s’affinent et s’étalent parfois sur plusieurs volumes, la continuité du récit renforçant le côté romanesque de la saga.  Cette évolution touche la forme des livres, qui évoluent en termes de jouabilité grâce aux nouvelles règles qui s’ajoutent, mais aussi dans la narration, mieux écrites et plus soucieuse de la cohérence de l’histoire.

Le summum du genre est atteint avec la série « Loup Solitaire », première en terme de vente parmi  les vingt séries publiées, où, n’ayant pas peur des mots, le héros proposé au lecteur n’est autre qu’un para-commando féodal, du genre «membre des forces spéciale version moyen-âge ».

Si le récit gagne en subtilité, en effet beaucoup plus de soin est apporté à la narration, son corollaire qui caractérise tout livre dont vous êtes le héros, c’est-à-dire le « combat », s’affine également et est bien souvent justifié de manière fort douteuse.

Ici commence le festival propagandiste royaliste et conservateur « made in England ».

Les rois sont bien entendu bons et sages et en tant que héros, c’est à vous qu’il incombe de mater toutes velléités qui s’opposerait à ce constat. En effet, c’est bien souvent au service d’un roi que vous mettez votre bras (armé bien entendu) à disposition.

Le patriotisme est bien entendu très présent et il n’est pas rare de lire des passages où le héros que vous incarnez verse une larme à la vue de son cher drapeau. Comme nous les montre les manifestations publiques en Angleterre, les Britanniques tiennent à leur drapeau, l’Union Jack. De la part d’une nation qui étendit son emprise sur le tiers de la terre, ceci expliquerait cela. Passons.

Un autre détail que j’ai découvert dans ces récits : le recours à la torture. Dans le feu de l’action, peut-être pour apporter un peu d’”originalité” au récit, et bien il  est  proposé au lecteur-joueur de tirer les vers du nez, de manière « musclé », à un prisonnier. Voici le passage en question, tiré du livre « Down of the dragons » de Joe Dever : 

« Inconscient, l’homme pend mollement au bout des lourdes chaînes qui relient au mur ses poignets encroutés de sang, et son corps émacié porte des traces évidentes de récentes tortures. Pour le réveiller, le geôlier bedonnant s’empare d’un baquet d’eau croupie dont il lui asperge le visage. Soufflant et crachant, votre assassin présumé reprend ses esprits. (…)-«  C’t un vrai dur, çui –là. Je vous jure que je m’en suis donné de la peine pour y faire cracher le nom du fils de chien qui l’a payé, monseigneur, et je connais mon boulot. Mais rien de rien, j’ai rien pu tirer d’cette foutue tête de bourrique ! » Sur ces aimables paroles, le gros gardien saisit une paire de tenailles dont les longs manches émergent d’un brasero fumant. « P’têt ben qu’vous voudrez essayer de l’faire chanter vous-même, messire ? » dit-il avec un sourire torve en vous tendant les monstrueuses pinces chauffées au rouge. – « Merci bien, mon brave », répliquez-vous. « J’ai bien quelques petites questions à poser à cet homme mais je ne crois pas que cet instrument sera nécessaire. Je préfère utiliser mes propres méthodes. »

 Pas d’inquiétude, ça sera fait proprement : Le défenseur des vieilles traditions que vous incarnez va tout simplement user de ses pouvoirs magiques pour faire parler l’affreux comploteur, histoire de ne pas se salir les mains.  Ou comment justifier la torture avec un cachet politiquement correct…. Ces livres étaient tout de même adressés à des gamins de 10 ans!

A la lumière des valeurs véhiculées dans les jeux vidéo (apologie du militarisme, de la guerre et de la violence) l’exemple ci-dessus est peut-être anecdotique  mais il préfigure un état d’esprit bien ancré dans un conservatisme à peine voilé.

Lorsqu’on sait que Ian Livingstone est devenu en 2000 Docteur honoraire de l’université d’Abertay Dundee pour je cite « Service rendus au monde du jeu vidéo » et qu’en 2006 il est fait membre du très select « Order of British Empire », cela laisse songeur…

Babel Street

 

 

En 1963 Julio Cortazar publie  « Rayuela » (Marelle), un épais roman qui avait la particularité de donner au lecteur le choix de ne pas suivre l’ordre chronologique des pages mais plutôt de sauter de paragraphes en paragraphes selon un autre ordre donné par l’auteur. Ce cheminement, tout en donnant une part plus active au lecteur, lui faisait bénéficier de chapitres supplémentaires. En effet, le livre lu chronologiquement, qui s’arrêtait au deux tiers du roman complet, offrait moins de détails sur les pérégrinations mentales de Horacio Oliveira.et de son double littéraire.

 

En 1967, Raymond Queneau présente son « Conte à votre façon » qui permet au lecteur de construire lui-même sa version du conte en choisissant à chaque étape une des solutions proposée.

 

En 1969, Edward Packard écrit  « Sugarcane Island », un récit d’aventure pour enfant écrit à la deuxième personne où le lecteur pouvait choisir plusieurs options quant au déroulement de l’histoire. Cette interactivité offerte au lecteur n’enthousiasma pas les éditeurs puisqu’il fallut attendre 1976 avant de le voir édité sous le label « Adventure of you ».

 

Devant le succès du concept, d’autres collections mineures (Choose your own adventure, Buffalo Castle, Endless Quest, etc.) virent le jour mais c’est véritablement en 1982 que le genre connu un succès mondial grâce aux anglais Ian Livingstone et Steve Jackson. Leur passion pour les jeux les amena à inclure une dimension  plus ludique à ces récits interactifs en y insérant quelques règles simples nécessitant l’usage de dés. C’est ainsi que naquit en août 1982 « Warlock of the firetop mountain» qui enthousiasma des dizaines de milliers de jeunes adolescent en les initiant pour beaucoup d’entre eux aux mondes imaginaires de l’Heroic-Fantasy en même temps qu’à la lecture.

 

Avec les années 90 on assista à l’expansion de l’industrie des jeux vidéo provoquant par la même la désuétude du « livre-jeu ». Les ventes chutèrent et ces livres finirent par disparaître de la circulation.

Aucun écrivain notable ne reprit en main le concept, jugeant sans doute qu’il était trop lié à la littérature enfantine et pré-adolescente. Pourtant, avec l’avènement d’internet et les possibilités de diffusion intrinsèque qu’il recèle, on aurait pu s’attendre à ce que tôt ou tard, la littérature interactive refasse son apparition.

 

 C’est désormais chose faite avec « 217, Babel Street, an evolving web of stories », le projet du quatuor anglais formé par Susanna Jones, Alison MacLeod, William Shaw et  Jeff Noon.

Le concept du site est simple : Un immeuble avec 20 appartements avec autant de familles, leurs joies, leurs déboires, leur vie. La première page se présente sous la forme d’un tableau à sonnette avec les noms de tous les locataires. On clique au choix sur un nom ou sur la porte d’entrée pour débuter la lecture. 

L’originalité est lié au fait que les 4 auteurs écrivent leurs histoires indépendamment les uns des autres, mais en les reliant entre elles grâce des mots clé faisant office de liens hypertexte. Cette liberté de navigation à travers le récit nous rappelle les livres-jeu auxquels se rajouteraient  la rupture de la lecture linéaire au profit d’une lecture circulaire. En effet, les entrée dans le récit sont multiples, l’histoire est parfois redondante mais cette seconde lecture offre parfois de nouvelles perspectives inattendues.

 

Où cela conduira-t-il ? Tout dépend du bon usage du médium « hypermédia » mais le concept semble prometteur et souligne que la littérature peut se prévaloir d’un nouvel allié technologique dans l’élaboration et la conception de nouvelles formes de diffusion. Si le média EST le message, comme le souligne Marshall  MacLuhan, alors nous sommes peut être devant une nouvelle mise en forme des idées. 

Tarnation

“Tarnation” (littéralement “damnation éternelle”) est le titre peu conventionel d’un documentaire qui l’est encore moins. Il s’agit du récit autobiographique de Jonatan Caouette qui au travers d’un patchwork de médias allant du film aux photos en passant par les enregistrements audio nous retrace sa vie mouvementée.

Une famille de la middle-class du Texas dans les années 80′  constitue le contexte du récit.  C’est dans cet environnement que Jonatan va connaître la douleur, et aussi apprendra à l’exorciser.  Dès sa petite enfance, il est arraché à sa mère jugée malade mentale. Il subira deux années durant les mauvais traitements de sa famille d’accueil avant d’être élevé par ses grands-parents. 

Dès l’age de 11 ans, Jonatan réalise des petits films où il se met en scène et où il capture des moments de la vie familiale. En filigrane de l’histoire, il y a son homosexualité, son instabilité mais surtout l’absence de sa mère. Cette mère qui sera internée en psychiatrie plus d’une centaine de fois suite aux traitements aux électrochocs que lui feront subir ses propres parents. Cette mère qui semble être la raison même du documentaire, la pièce centrale d’un échiquier complexe, cette femme qui a rompu le cycle des mauvais traitements mais qui en a payé le prix fort.

Grâce à elle, Jonatan se bat, parfois contre lui-même. Le document qu’il nous livre est en définitive la preuve de son acharnement à chercher sa place et son identité. En cela sa créativité, passant parfois par des canaux peu conventionnels comme le cinéma underground, l’opéra-rock où la confrontation directe avec sa famille, nous laisse pantois face à tant de courage.

Ce témoignage dérangeant aux allures exhibitionnistes, qui a été co-produit par Gus Van Sant, sera peut-être un précurseur dans sa manière qu’il a d’éclairer la face privée de nos sociétés occidentales.