Un peu de para-histoire…

24 juillet 2008

 

Les cellules de planification mutante et non-mutante datent de la Pré-république, quelques décennies à peine après  la dernière Guerre Psychique  (30914-30918).

 Dans cette époque lointaine, (la transmigration de matière n’était encore qu’à ses balbutiements, c’est vous dire si ça date !) quelques personnages sans envergure notable décidèrent qu’il fallait vaincre l’appréhension de la population  à l’égard des unions mixtes inter-espèces.  Ce mouvement était tout à fait avant-gardiste . En effet, nul n aurait oser imaginer voir des progénitures nées d’un Vulcain et d’une Spacienne, et moins encore celles d’un terrien Alpha avec une Filandreuse de Mars. Pourtant, ce combat progressiste qui fut mené avec un acharnement militant et dévoué, fit vaciller les fondements inégalitaires du régime des  ploutocrates qui régnaient alors sur les Multitudes Intersidérales.

 

Les évènements débutèrent lorsque Rosaparx, citoyenne terrienne Alpha refusa de prendre place à l’arrière d’une navette d’un  long courrier CMP (Consortium de Migration Publique) et s’obstina à siéger dans le compartiment d’apesanteur réservé aux larves décérébrées d’Atlantis (il était convenu à l’époque que les décérébrés étaient des privilégiés. C’est d’ailleurs de leurs rangs qu’étaient issus les grands dirigeants des Multitudes).

 

Face à ce manquement à la légalité, il fut décidé de la désintégration immédiate de la coupable. Fort heureusement, un gynédroïde identifié comme étant Sim-One Veil s’interposa avec succès. Un autre passager présent, qui devint plus tard le célèbre Psycho-Pape Luther Martin dit «  le Roi », s’inspira de cet évènement pour rallier les foules derrière lui avec sa phrase célèbre : j’ai fait un rêve (cette affirmation semble douteuse au vu des quantités de psychosomnifères qu’ingurgitaient en ces temps-là chaque citoyen…)

 

L’affaire prit une tournure intergalactique: Ce qui au départ fut une simple revendication du droit à aimer son prochain et à être son égal (peu importe qu’il ait des pseudopodes, un cortex ventral où un appendice quodal) ce mouvement de prostestation raciale devient très vite une guerre de classes:  Partout, les peuples réprimés s’érigèrent contre l’ordre établi  et l’on vit d’un jour à l’autre l’Homo-Atlantis perdre sa suprématie !

Un Centauride du nom de Ned Ludism, nannotechnicien chez Mirrorsoft, brisa des consoles et des terminaux en guise de révolte, donnant par la même naissance au mouvement Luddisme. Partout, les classes laborieuses qui suaient sang et eau sur les moyens de productions, mais n’en recevaient aucun dividendes, l’imitèrent et provoquèrent la consternation des ploutocrates (à leurs yeux casser des machines était un manquement certain de courtoisie et d’éducation).

Thor Nesmakhno, un leader des Manouvriers Cyriliques, tout près de Sirius, se fit remarquer par son indépendance et son refus de toutes concessions. Il prit même les armes contre ses  alliés, les fameuses Légions Ecarlates (par opposition aux Phalanges Immaculées qui furent sous les ordres des ploutocrates) . Il devint pour plusieurs génération la figure de l’insoumis, donnant même son nom à un célèbre groupe de rock.

Un autre insoumis, cité par Carlos Engelsmarx, qui marqua aussi cette période de trouble fut le fameux Tom Hassmunzer, et sa cohorte d’anabaptistes. Ces religieux plus réformateurs encore que les réformateurs les plus  zélés de ces temps-là, n’hésitèrent pas à prendre les armes pour fonder leur propre colonie spatiale : Gomorrhe. Elle fut malheureusement totalement rasé par les troupes Téléréactionaires du Zélote Georgio Boutche. 

 Une acalmie suivra, mais elle sera de courte durée.

 En effet, un évènement anodin provoquera la Grande Réforme, celle que les Multitudes attendaient: Elle se fit jour lors des batailles dites “des barricades” (du nom de la chaîne de météores qui entoure Acturus) au mois de mai 30968. En effet, Gui du Bord, fervent lecteur de Carlos Engelsmarx, critiqua ouvertement l’organisation des Multitudes en les qualifiant de “société du spectacle et de l’aliénation”. Ce slogan suffira à enflammer les jeunes générations aisées, jusque là restée très distantes face au conflit, et à donner une nouvelle impulsion à la révolution.

C’est exactement à ce moment que les gynédroides Sim-One Veil, déjà citée, et Sim-One Deb-Ovoir  parvinrent par obtenir une législation applicable à toutes les femelles reproductrices de la Multitude, quels que soient leur code génétique, et qui leur permettaient de disposer de leurs corps et de leur ADN comme bon leur semble. C’est ce qui donna naissance, nous y voilà enfin, aux Cellules de planification Mutante et Non-Mutante, c’est à dire à ces lieux d’ouverture sexuelle, de respect pour l’altérité, de prévention contre les infections sexuellement transmissibles, de protection contre les violences conjugales, de promotion des moyens de contraception et d’informations sur la planification des naissances et sur le droit à l’avortement, qu’elles soient intra ou extra-utérines.

Certes, si certaines  de ces figures emblèmatiques sont devenues plus tard de pleutres bureaucrates ou d’arrogants rentiers  prêchant le dicton moderne: “Ne faites pas la révolution, vos grands-parents l’ont faites avant vous”, il n’en reste pas moins qu’ils nous ont donné sujet à de belles histoires…

 

Une réponse à “Un peu de para-histoire…”

  1. manosuelta a dit :

    chevere, chevere!


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