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Archive pour 14 juillet 2008

Tarnation

“Tarnation” (littéralement “damnation éternelle”) est le titre peu conventionel d’un documentaire qui l’est encore moins. Il s’agit du récit autobiographique de Jonatan Caouette qui au travers d’un patchwork de médias allant du film aux photos en passant par les enregistrements audio nous retrace sa vie mouvementée.

Une famille de la middle-class du Texas dans les années 80′  constitue le contexte du récit.  C’est dans cet environnement que Jonatan va connaître la douleur, et aussi apprendra à l’exorciser.  Dès sa petite enfance, il est arraché à sa mère jugée malade mentale. Il subira deux années durant les mauvais traitements de sa famille d’accueil avant d’être élevé par ses grands-parents. 

Dès l’age de 11 ans, Jonatan réalise des petits films où il se met en scène et où il capture des moments de la vie familiale. En filigrane de l’histoire, il y a son homosexualité, son instabilité mais surtout l’absence de sa mère. Cette mère qui sera internée en psychiatrie plus d’une centaine de fois suite aux traitements aux électrochocs que lui feront subir ses propres parents. Cette mère qui semble être la raison même du documentaire, la pièce centrale d’un échiquier complexe, cette femme qui a rompu le cycle des mauvais traitements mais qui en a payé le prix fort.

Grâce à elle, Jonatan se bat, parfois contre lui-même. Le document qu’il nous livre est en définitive la preuve de son acharnement à chercher sa place et son identité. En cela sa créativité, passant parfois par des canaux peu conventionnels comme le cinéma underground, l’opéra-rock où la confrontation directe avec sa famille, nous laisse pantois face à tant de courage.

Ce témoignage dérangeant aux allures exhibitionnistes, qui a été co-produit par Gus Van Sant, sera peut-être un précurseur dans sa manière qu’il a d’éclairer la face privée de nos sociétés occidentales.

1977

Deuxième opus du Red Ridding Quartet de David Peace. Une suite magistrale même si les pistes se brouillent de plus en plus. Le ton est à nouveau proche du désespoir. Les protagonistes vivent un cauchemar permanent et vont s’enliser jusqu’au cou dans ce qui pourrait bien être leur dernière “affaire”.

Les points d’interogations qui avait clôturés “1974″ restent en suspens mais l’auteur y fait référence, comme pour rassurer le lecteur et lui dire que le temps viendra pour déchirer le voile, ce voile teinté de sang et de larmes qui recouvre l’univers glauque de Leeds.

 Pas de répit pour Jack Withhead et Mike Frazer, tout deux personnages secondaires du premier opus et cette fois-ci au premier plan, unis par une même traque, celle de l’Eventreur du Yorkshire. Jack le journaliste, ancienne gloire de la presse locale, hanté par des fantômes et rongé par l’alcool, et Frazer le flic, tourmenté à l’idée que l’Eventreur pourait s’en prendre à la jeune prostitué qu’il protège et dont l’affection qu’il lui porte s’est muée en obsession.

Jack et Mike, unis aussi par leur passé car tout deux ont connu Eddie Dunford,  ce journaliste perturbé et personnage central de “1974″ qui illustra bien le dicton “Curiosity killed the cat”. Enfin, on l’espère, car dans le Yorkshire il est des choses pires que la mort…

David Peace pauffine son style. Les formules saccadées et le style agressif de sa plume rende l’atmosphère du livre lourde à souhait et illustrent à merveille jusqu’à quel point l’Homme est maître dans l’art de faire mal, dans l’art de SE faire mal…