Micronautes
Entre 1976 et 1981 l’on pouvait voir sur les étalages des magasins de jouets une série particulièrement
attrayante au nom évocateur de “Micronautes”. Je vous passe le volet nostalgique que je peux ressentir à la vue de ces jouets pour plûtot aborder un sujet qui me tient à coeur et qui dans une certaine mesure est lié à cette gamme de produit. J’ai nommé: l’inspiration d’une narration intérieure.
En effet, les “micronautes”, ces personnages de science-fiction, étaient sans histoire, sans passé, bref, sans contexte. Il ne restait au gamin de 6 ans que j’étais que de m’inventer leur saga en m’inspirant du design de la gamme, du nom des personnages mais surtout de ces petites phrases qui agrémentaient les emballages et qui constituaient pour moi les seuls indices “archéologiques” de l’existence du “Microvers”.
C’est comme ça que débuta peut être ma première tentative de narration continue, en me contant les histoires à moi-même de ces personnages aux noms accrocheurs tel le Time Traveller, le robot Biotron, l’immaculé Force Commander ou encore du Pharoid muni de son sarcophage temporel.
Il est intéressant de remarquer comment le choix des mots va orienter le scénario. Quand il était question de slogan tel “Micropolis, the building set that never stops growing “mes histoires se contentaient de faire voguer
des voyageurs temporels dans leurs véhicules étranges, tels le “Rhodium Orbiter” ou le “Neon Orbiter”, jusqu’aux confins de la galaxie. Mes micronautes échangeaient leur cerveau détachable comme on partagerait un pique-nique entre amis. Je m’inspirais des noms évocateurs tels la ”Stratastation”, ” l’Astrostation” ou encore la “Microrail City” pour bâtir des scénarios de science-fiction enfantine.
Et puis les mots sur les boîtiers régressèrent. Il était désormais question de “Battle Cruiser”, de “Satellite Survey Station” et de “Galactic Warrior”.
Le poids des mots…
Les personnages quant à eux s’équipèrent de missiles, d’épées et de rayon laser.
…le choc des photos.
L’orientation de mes scénario devint binaire et il ne fut question que d’explosions, de guerres stellaires et de destructions massives.
Plus tard, l’éditeur “Marvel” publia un comics s’inspirant de ces jouets. Un comics ou la guerre était à l’honneur…