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Archive pour 6 juillet 2008

Steampunk

Le Steampunk est une blague littéraire inventé par 3 amis: James Blaylock, KW Jeter et Tim Powers, auteurs chacun d’un opus de science-fiction sensé illustré ce sous-genre.

En gros, le Steampunk est une uchronie, c’est à dire un passé alternatif qui nous présente une Angleterre Victorienne pour le moins décalée. Des avancées technologiques qui n’ont jamais eu lieu y côtoient des inventions étranges, des êtres fantastiques et de la sorcellerie. L’impact visuel certain auquel ces livres ont contribué nous ont donné plus tard un excellent manga comme Steamboy ou un film comme “The golden compass”, un fameux navet soi dit en passant.

L’époque Victorienne matinée de science-fiction et de magie, avec ses personnages autant illustres qu’imaginaires (comme Sherlock Holmes,  le docteur Jekyll et Mister Hyde, Frankenstein, le loup garou de Londres, ou Jack l’éventreur, bien réel celui là) et ses inventions improbables comme la machine à remonter le temps, est un terreau parfait pour exprimer les délires les plus extravagant et les histoires les plus fantaisistes.

Au début des années 80, Tim Powers publie ”Les voies d’Anubis” où un jeune californien va se retrouver projeté dans l’Angleterre Victorienne et devra échapper à un loup garou, à une secte d’adorateur d’Anubis,…et à des sauts temporels pour le moins gênants…

James Blaylock va publier en 1986 “Homunculus”, histoire saugrenue où il est question de Londres en 1870 et de l’Homoncule, cet être mystérieux ne dépassant pas 20 centimètres et dont tous les protagonistes chercheront à s’emparer. Les zombies et les savants fous seront de la partie…

 Quant à KW Jeter, il nous livre avec ses “Machines infernales” une course-poursuite sur les traces d’un horloger,  à Londres au 19ème siècle, dont la vie bascule dès le jour où un étrange automate entre en contact avec lui. Ce livre, à prendre au 33 ème degré, est tout de même nettement inférieur aux deux précédents. On notera toutefois que dès 1979, Jeter publia une suite de “La machine à remonter le temps” de Wells avec un roman intitulé “Morlock night”, jamais traduit en français à ce jour, et qui constitue la première tentative littéraire dans un univers Steampunk.

On retrouvera plus tard les deux papes du Cyberpunk, Bruce Sterling et William Gibson, qui donneront une pierre a l’ édifice Steampunk en publiant ensemble “La machine à différence”.

Ce concept s’est également décliné au travers de divers jeux de rôle, notamment “Space 1889″ qui n’a jamais eu le succès escompté ainsi que l’excellent “Château Falkenstein”.

Des éléments Steampunk se retrouvent bien évidemment dans toute une série d’oeuvres qui jamais n’ont utilisé cette étiquette. On peut penser au cycle de bandes dessinées “Les Cités Obscures” de Schuiten et Peeters, à la série “le réseau Bombyce” de Cecil et Corbeyran, ou encore à l’illustrateur et auteur de manga Tatsuyuki Tanaka et son projet Cannabis Work (voir illustration centrale).

L’ère Victorienne n’est qu’un exemple représentatif de ce courant littéraire car il existe bien d’autres univers qui sont passé à la moulinette du Steampunk. On pense par exemple à l’univers western “tuné” de  Wild wild west.

Bref, le Steampunk est aujourd’hui le concept qui reprend à son compte le mélange des époques. Il préfigure peut-être avec l’esthétique du passé ce que sera la mode de demain.